L'hôpital public est en péril parce que les réformes dont il fait l'objet - sans précédent dans leur ampleur et dans la brièveté de leur application - sont adossées à un diagnostic erroné de sa situation. L'hôpital public français ne souffre pas d'un management médiocre ou d'un manque d'établissements mais de l'utilisation défaillante des moyens pourtant considérables qui lui sont consacrés, d'une organisation institutionnelle fragmentée, et d'une lutte de pouvoir entre organisation soignante et organisation dirigeante. Ce n'est pas une gestion rigoureuse qui fera mourir l'hôpital public, c'est l'application de remèdes inappropriés. Si rien n'est fait, l'exigence de la plus haute qualité de soins cèdera insidieusement la place à un arbitrage coût/avantage, alors que l'hôpital prend en charge les accidents de santé par mi les plus graves, dont la technicité et le coût de la réponse thérapeutique dépassent la capacité d'assurance individuelle de l'immense majorité d'entre nous.

Table des matières
   

Partie I. L'hôpital public en crise

1. Une crise objective

2. Une crise subjective


Partie II. Les déterminants de la crise hospitalière

3. Des moyens importants mais mal employés

4. Une organisation institutionnelle fragmentée

5. Une lutte de pouvoir entre direction et monde du soin

6. Une organisation archaïque et épuisante du travail

 
Partie III. Les réformes hospitalières fondées sur un diagnostic erroné

7. Une contrainte financière sans précédent dans le contexte de la tarification à l'activité

8. La structuration par pôles, une réforme insuffisante

9. La fin de l'hôpital public ?

 
Partie IV. Les mutations à accomplir

10. A l'extérieur de l'hôpital : redessiner la carte hospitalière

11. A l'intérieur de l'hôpital, les réformes à engager
 

Conclusion

Bibliographie